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Un autre regard sur la géomatique


Le BIM : simple source de données pour le SIG


Si aucun outil dédié n’existe chez Esri, il est possible d’intégrer du BIM dans ArcGIS. Plus exactement certaines données, car le modèle particulièrement riche impose un tri très sélectif !



La problématique du rapprochement entre le BIM (Building Information Model) et le SIG interroge le monde de la géomatique depuis environ 2 ans. L’intérêt est encore plus marqué depuis le début 2016, du fait de la grande communication qui est (enfin) réalisée autour du BIM, notamment dans le domaine du bâtiment. 

 

Lors des phases d’études préalables et de conception, le SIG peut apporter aux acteurs du BTP un contexte géographique et certaines informations relatives à l’environnement du projet, les connexions existantes comme les réseaux ou les VRD à proximité, etc. À l’inverse, le BIM peut s’avérer une mine de données, particulièrement bien structurée et ultra détaillée. Outre ce secteur du BTP, les questions sur l’interopérabilité et le workflow entre les BIM et le SIG intéressent aussi les gestionnaires de patrimoine à l’échelle d’un site industriel, d’un campus ou d’un quartier, par exemple pour la gestion à des échelles macro d’espaces ou d’équipements à travers des filtres de localisation, du type localiser des personnes travaillant dans tel type d’espace ou calculer à la volée la surface de pelouse à tondre... Enfin, des collectivités s’intéressent au BIM pour mettre à jour leur référentiel, surtout lorsqu’elles disposent d’un SIG 3D. Le SIG peut aussi servir à consolider dans un modèle cohérent différentes sources de données hétérogènes, selon un référentiel SIG, sachant que seuls les éléments les plus récents peuvent éventuellement être 100% BIM. 

 

Si des premières idées d’usages naissent, il n’existe aucun outil dédié au BIM chez Esri. D’ailleurs, aucun projet ne semble se développer dans ce sens, même si tout est mis en œuvre pour faciliter les échanges entre les deux «univers». Ainsi à la question sur ce que représente le BIM pour les géomaticiens, Gaëtan Lavenu, Responsable de la veille technologique chez Esri France et animateur du blog arcOrama, répond : « C’est avant tout une nouvelle source de données pour enrichir et consolider son référentiel SIG, au même titre que le sont depuis longtemps les fichiers cad. Par l’intermédiaire de l’extension arcGIS dataInteroperability, la majeure partie des clients qui utilisent arcGIS desktop reçoivent en lecture directe de données portées par plus d’une centaine de formats : DWG, DGN, WFS, DXF, etc. Avec le BIM et les IFC, il en sera de même». 

 

Extension DataInteroperabIlIty

Pour cela, Esri travaille depuis très longtemps avec l’éditeur canadien Safe qui édite FME, l’ETL spatial le plus connu et le plus performant du marché. Cet ETL (pour extract, tranformation, load) peut être décrit de manière pompeuse en «atelier de transformation et de changement de données». «C’est un bout de cet ETL qui est proposé dans ArcGIS par l’intermédiaire de l’extension dataInteroperability et qui permet la transformation des données IFC en Géodatabase, c’est à dire en données ArcGIS, explique Gaëtan Lavenu. Une fois que les données IFC sont intégrées dans le SIG, elles perdent leur «aspect BIM» et deviennent des données SIG manipulables comme n’importe quelle autre, avec leurs données 3D et attributs». Signalons qu’un logiciel comme Revit permet d’exporter un modèle dans un format propre à Safe. cela a le mérite de garder plus d’informations dans FME qu’en passant par un export en IFC qui «appauvrit» légèrement le modèle initial. La «seule» difficulté de l’exercice réside dans le choix initial des données à intégrer pour être utilisées dans le SIG, et donc dans la manière dont l’utilisateur va programmer les requêtes pour l’extraction des données. Le BIM est un format très standardisé et hiérarchisé, où le modèle gère des relations et des jointures nombreuses entre les classes et les objets. Chaque objet a ainsi une jointure avec un objet ou avec n objets. 

 

De son côté, le SIG est plus générique et moins complexe. Il sait reproduire cette modélisation dans laquelle une classe BIM correspond à une table et la géométrie à une couche. Il pourra bien gérer 3 ou 4 relations. en revanche, cela peut devenir très compliqué de gérer jusqu’à 50 ou même 100 relations comme il est possible de le faire avec les modèles de données complexes du BIM. «Tout l’intérêt est donc de ne pas descendre à un niveau de détails trop poussés et se contenter des données généralistes au bâtiment, de type murs, cloisons, réseaux, etc. Mais selon ses besoins, il est possible de retenir une classe pour les extincteurs si l’on souhaite développer un applicatif métier pour une équipe de maintenance». ainsi, il serait possible à travers ArcGIS for Server de pousser un jeu de données par l’intermédiaire d’une application web pour republier des données DGW, DGN ou IFC, restituées sous la forme de cartes dans son navigateur.           


Xavier FODOR

Article paru dans SIGMAG n°11 - Décembre 2016
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