La donnée en point de départ


Depuis 190 ans, Schneider Electric évolue au rythme des révolutions technologiques. Aujourd’hui tournée vers le SIG et les jumeaux numériques, l’entreprise ambitionne de renforcer la maîtrise des réseaux.



«Nous avons plus de 40 ans d’expérience dans le domaine du SIG », souligne Louis Hennequin, directeur commercial Europe pour Schneider Electric. Une expertise construite en étroite collaboration avec Esri, partenaire technologique historique dont les solutions ArcGIS constituent le socle de ses plates-formes cartographiques dédiées aux opérateurs de réseaux. Une collaboration inscrite dans la durée, qui a accompagné chaque mutation technologique du secteur. Fondée en 1836 sous le nom de Schneider et Cie, présente dans plus de 100 pays et forte de 135.000 collaborateurs, l’entreprise est devenue un leader mondial des solutions numériques pour l’énergie et l’automatisation. Elle accompagne la transformation digitale d’infrastructures critiques à l’échelle internationale. Ses clients sont principalement des opérateurs de réseaux d’énergie, de fluides et de communication, confrontés à des enjeux croissants de performance, de résilience et de traçabilité.

Au coeur de cette offre figure ArcFM, fruit de près de quarante années de collaboration avec Esri et pleinement intégré à l ’écosystème ArcGIS, notamment au sein des solutions dédiées aux utilities. Développée pour répondre aux exigences spécifiques des gestionnaires de réseaux, la solution permet de structurer, modéliser et maintenir des référentiels d’infrastructures complexes tout en garantissant l’intégrité et la pérennité des données dans le temps. Au fil des évolutions technologiques – du poste de travail isolé aux architectures clientserveur, puis au web, à la mobilité et au temps réel – les deux partenaires ont codéveloppé des briques clés du SIG afin d’intégrer les avancées en cartographie intelligente, en gestion d’actifs et en analyse spatiale.

Pour l’entreprise, le SIG constitue la première étape d’une approche plus globale. « Pour nous, la donnée est le point de départ de l’histoire. Elle sert de socle à tous les systèmes que nous ajoutons par-dessus : contrôle en temps réel, optimisation des flux, respect des critères de performance, simulation de scénarios, aide à la décision… » Structurer une donnée géographique fiable au sein d’un référentiel ArcGIS partagé permet d’alimenter l’ensemble des processus métiers et de décloisonner les usages entre exploitants, planificateurs et décideurs. L’objectif est de construire un jumeau numérique complet du réseau, capable d’en refléter et d’en anticiper l’état en temps réel, tout en offrant une vision consolidée et dynamique aux opérateurs.

Cette exigence de précision se vérifie particulièrement dans les réseaux électriques. Les réseaux haute tension sont aujourd’hui bien cartographiés, mais la moyenne tension reste en cours de consolidation et la basse tension demeure par fois imparfaitement localisée. Longtemps peu critique lorsque la consommation était relativement stable et prévisible, cette situation devient plus sensible avec l’électrification des usages, l’essor des véhicules électriques et l’intégration croissante des énergies renouvelables décentralisées. La gestion nécessite désormais une granularité accrue, une meilleure qualité de données et un enrichissement continu des bases géographiques.
 

Au service de la maintenance prédictive

Les défis à venir sont multiples : approfondir la connaissance des réseaux, optimiser les coûts, garantir les performances et s’adapter à un contexte géopolitique instable. Guerre en Ukraine, tensions énergétiques et transition écologique accélèrent, selon Louis Hennequin, une re-régionalisation des enjeux et devraient soutenir la croissance du marché. Pour y répondre, Schneider Electric investit dans l’innovation et l’intelligence artificielle. L’entreprise travaille notamment sur la reconnaissance automatique de schémas de données afin d’identifier des configurations types et de proposer des critères d’optimisation adaptés.

Elle développe également des outils d’analyse d’imagerie pour surveiller la végétation susceptible d’endommager les infrastructures. Ces avancées prolongent
l ’exploitation des référentiels géographiques existants, en s’appuyant sur les capacités analytiques d’ArcGIS, et renforcent le rôle du SIG comme plate-forme d’analyse prédictive, avec l’ambition de basculer d’une logique réactive vers une maintenance préventive.

L’entreprise s’appuie enfin sur un écosystème de partenaires et recherche des intégrateurs capables d’apporter une expertise territoriale, dans une logique d’ouverture cohérente avec celle de l’écosystème Esri et adaptée aux spécificités locales des réseaux. Malgré une concurrence croissante, Louis Hennequin se veut confiant : « de nombreuses start-up s’emparent de ces problématiques, et ont certainement de très bonnes idées. Mais nous pouvons nous appuyer sur trois décennies d’expertise et la stabilité apportée par plus de 500 clients à travers le monde. Nos outils sont matures et robustes ».

Article mis en ligne par la rédaction SIGMAG & SIGTV.FR