Luxembourg mise sur le SIG Mobile


En rapprochant la donnée géographique des agents de terrain, la Ville de Luxembourg a transformé son SIG en une plate-forme de services au cœur des processus métiers.



Structuré dès le début des années 2000 et développé depuis 2009 autour des solutions Esri, le SIG de la Ville de Luxembourg s’est imposé comme une infrastructure numérique transversale, utilisée aussi bien par les agents municipaux que par les citoyens. Aujourd’hui, près de mille personnes – soit un quart des effectifs – exploitent la donnée géographique, souvent au travers d’applications métiers ou de tableaux de bord. Cette diffusion repose sur un choix stratégique : rapprocher la donnée du terrain grâce au développement massif d’applications mobiles.

Le service SIG est rattaché au Service Topographie et géomatique. Il réunit une équipe volontairement resserrée, mais très structurée, composée de profils complémentaires : géomaticiens, développeur, gestionnaires de bases de données et réseaux, dessinateur-topographe. « Nous sommes une petite équipe, mais avec un champ d’action très large, explique Marc Orban, le chef du service depuis 2020. Notre rôle est à la fois de garantir la qualité des données, de maintenir l’infrastructure SIG et d’accompagner les services dans leurs usages quotidiens. » Cette position centrale s’est construite dans le temps. Dès 2003, la Ville se dote d’un système d’information foncier, avant d’ouvrir, en 2007, un premier géoportail à destination du public communal de la Ville. À l’époque, la démarche est résolument pionnière, motivée par la volonté de partager l’information géographique au-delà du cercle des experts. « Google Maps n’existait pas encore, quand le service des cartes numériques de fond et des points d’intérêt a été fourni dans une application Hotcity. Elle va servir de support à bon nombre de projets, parfois encore disponibles en 3D sur le portail CityMap ».
 
La Ville répond avant tout à ses obligations réglementaires, en privilégiant un usage maîtrisé et orienté vers les besoins internes. Aujourd’hui, le SIG irrigue la quasitotalité des services communaux. Urbanisme, environnement, services techniques, voirie, éclairage public, gestion des biens communaux ou encore développement économique s’appuient quotidiennement sur la donnée géolocalisée. « Certains services utilisent le SIG pour consulter l’information, d’autres produisent eux-mêmes des données, avec de véritables relais internes qui jouent un rôle de géomaticiens métiers », souligne Stefan Useldinger, responsable géomatique. Parmi les mille utilisateurs, une centaine sont considérés comme des utilisateurs avancés, capables d’enrichir les bases de données ou de piloter des applications sans accompagnement de l’équipe SIG.

Depuis quelques années , la  direction la plus active est celle liée à l’environnement et à la transition écologique. Cadastre solaire et inventaire des toitures végétalisées, suivi des émissions ou campagnes de dératisation s’appuient sur des applications SIG devenues incontournables. « Luxembourg est la première ville du Grand-Duché à disposer d’un modèle 3D déployé dès 2008 pour le cadastre solaire. En 2009, une première saisie de bâtiments en 3D à partir de survols d’images à haute résolution a été élaborée sur un quartier de la Ville. En 2014, tout le territoire de la Ville était totalement disponible en 3D et des actualisations ont été réalisées à un rythme régulier », précise Stefan Useldinger. Le service du Développement Économique et Commercial figure également parmi les gros utilisateurs, notamment pour le suivi des commerces et de la vacance commerciale. « Ces services ont besoin d’une information constamment à jour, explique Chrystel le Coquin, ingénieure en géomatique. Le SIG leur procure un observatoire fiable, partagé et évolutif, qui sert autant au suivi opérationnel qu’à l’aide à la décision. »

Mais c’est véritablement avec l’essor des applications mobiles, notamment Field Maps, Quick Capture et Workforce, que le SIG a changé d’échelle. Les premières expérimentations remontent à 2018, avec l’application dédiée au cadastre commercial accessible depuis un navigateur mobile. À l’époque, les contraintes techniques restent fortes. « Les choses ont évolué avec la montée en puissance des smartphones et le gain en maturité des solutions mobiles SIG », se souvient Marc Orban. À partir de là, les demandes des services de terrain se multiplient.

 


Une impressionnante galerie de cas d'usage

Aujourd’hui, la Ville de Luxembourg exploite plusieurs dizaines d’applications, mobiles et bureautiques confondues, dont une vingtaine dédiée au travail sur le terrain, notamment pour les forêts communales, l’hygiène et la voirie. Ces applications reposent sur des solutions configurables, sans développement lourd, capables de fonctionner hors ligne et de s’adapter à des contextes métiers variés. « Notre objectif est de fournir aux agents des outils simples, rapides à prendre en main et réellement utiles sur le terrain », insiste Stefan Useldinger. Prise de photos, formulaires intelligents, géolocalisation précise et synchronisation automatique sont devenus des standards.
 


Article mis en ligne par la rédaction SIGMAG & SIGTV.FR