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À Nyon, un GIS Day humanitaire




À Nyon, un GIS Day humanitaire
Le GIS Day offre à Esri Suisse un excellent prétexte pour organiser sa conférence utilisateurs romands. Avant l’échange convivial entre géomaticiens autour d’un verre au château de Nyon, cette journée est l’occasion de boire les paroles d’utilisateurs Esri, invités en grands témoins. Cette année, sous le titre «Des cartes et des hommes», l’accent était mis sur l’humanitaire ; un brin logique aussi avec la proximité de nombreux sièges d’ONG internationales. Une poursuite aussi de l’initiative d’Esri Suisse qui présente dans ses bureaux de Nyon, jusqu’en fin d’année, l’exposition cartographique montée par l’UNHCR, également visitée lors de ce GIS Day en Romandie.
 
Premier à intervenir, Olivier Cottray présentait la manière dont le Centre International de Genève pour le Déminage Humanitaire (GICHD) s’appuie sur l’information géographique pour organiser, depuis 19 ans, la lutte contre les mines antipersonnelles et plus généralement les restes explosifs. «Une soixantaine de pays est encore affectée à travers le Monde, expliquait Olivier Cottray. Si le nombre de victimes -environ 3.700 personnes chaque année- est relativement faible au regard d’autres causes, par exemple les accidents routiers ou de pandémies, le risque perçu ou réel condamne des 2 milliards de m2 de terres. Les opérations de décontamination ont donc un but humanitaire, mais surtout un impact socio-économique. Nous devons aussi prendre en compte le suivi de notre action au-delà des critères de qualité fixé par les normes encadrant nos interventions. Par exemple, nos opérations au Cambodge ont permis aux paysans de retravailler leurs terres. Comme ils ont gagné de l’argent, ils ont pu s’acheter des tracteurs. Le problème est que notre travail initial se limitait à une dépollution à 30 cm : leurs socs s’enfonçant plus ont soulevé ou touché des explosifs en profondeur»...
 
Basé à Genève, le GICHD a pour mandat de soutenir les pays contaminés. L’équipe d’Olivier Cottray fournit ainsi un soutien en SIG et traitement de l’information aux états, ONG ou militaires sur place : «Notre but est de localiser les menaces, d’en déterminer leur contour, la proximité par rapport aux infrastructures existantes et de prioriser les actions à mener. En plus, nous utilisons l’information géographique pour déterminer les coûts opérationnels, la planification et visualiser le travail réalisé». Pour cela le centre développe depuis 1999, en partenariat avec Esri, un SIG appelé IMSMA (Information Management System for Mine Action). La première version a été mise en place au Kosovo. L’outil a progressivement évolué, notamment en s’ouvrant à d’autres populations que des experts SIG. «Nous devons beaucoup à l’effet Google Earth qui a démocratisé le SIG. Elle a permis aux questions de localisation pures “Où se trouve ?”, d’évoluer vers des demandes de prévisions de localisation du type : “où les explosifs risquent d’être ?”. Olivier Cottray affirmait même que le GIS, instrument pour agir contre les mines, pouvait devenir un instrument de paix, notamment dans le cadre de l’initiative «GIS for peace», lancée par le GICHD et qui vise à ouvrir une plate-forme de mutualisation des données pour une gestion à la fois spécifique et coordonnée pour toutes les ONG qui y participeront.

Services à la demande

À Nyon, un GIS Day humanitaire
L’approche SIG de Médecins sans Frontières présentée ensuite par Frédéric Ham est plus récente, car elle remonte à peine en 2013. Bien évidemment, l’ONG utilisait précédemment des cartes, mais sans véritable structuration de l’information géographique. Réunir dans un seul lieu, en l’occurrence un site Intranet «MapCenter», l’ensemble des cartes produites en interne ou non est ainsi une idée née en 2013 en parallèle du développement d’un service de production de cartes. «Ce lancement au départ restreint à MSF Suisse a été perturbé par la crise Ebola qui a paradoxalement montré toute l’importance de recourir à l’information géographique», confie Frédéric Ham. Pendant 2 ans, 18 experts SIG ont été envoyés sur le terrain, en binôme avec des biologistes, pour aider les équipes à améliorer leurs activités et le ciblage dans les zones touchées. Cet épisode a permis de mettre en place une base de données centralisée, de développer des applications permettant de réaliser des analyses épidémiologiques, de prévoir la logistique sur une zone en amont d’un événement, d’organiser une campagne de vaccination, le déploiement de l’aide suite à un tremblement de terre ou bien encore d’établir un référencement des abris dans des camps de refugiés par une analyse périodique d’images satellites. En parallèle, le service SIG a développé des modules de formations et des services SIG à la demande «vendus» en interne dans un véritable catalogue. «L’idée est d’aider les équipes terrain à exprimer un besoin réel et débouchant sur la production d’une application, de cartes ou de combinaison de sources d’informations qui les aidera véritablement à gagner en réactivité ou en efficacité». Ainsi d’un usage en situation d’urgence, le SIG sert désormais presque deux fois plus dans des usages quotidiens. Par exemple, pour appuyer une action de communication auprès de décideurs ou du grand public avec le principe qu’une carte vaut mieux que mille discours. À l’avenir, le SIG de Médecins sans frontières souhaite s’ouvrir à d’autres données externes, tout devenant aussi source de données pour les autres, mis à part sur les données médicales qui restent sensibles et confidentielles.
 
Signalons enfin, qu’au-delà de ces deux témoignages, ce GIS Day a permis de découvrir 4 autres cas orientés «innovation» pour la production, l’intégration et l’utilisation de géo données. Bien évidemment, toutes s’appuyaient sur les solutions récemment proposées par Esri : utilisation d’un drone SenseFly et Drone2Map pour le suivi de la 3ème correction du Rhône (État du Valais), saisie de données avec Survey123 et Collector for ArcGIS par les gardes de l’environnement (État de Genève), circuit de mise en place de bâtiments 3D dans le référentiel de la Mensuration Officielle (État de Genève) ou enfin l’utilisation de quasi tous les styles de StoryMaps en guise de «Guichet Citoyen» par la commune thermale de Lavey-Morcles (Canton de Vaud).

+ d'infos :
http://www.gisday.ch
http://www.gichd.org
http:// www.msf.org