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Avec la PaaS ArcGIS Platform, Esri veut élargir son écosystème




Avec la PaaS ArcGIS Platform, Esri veut élargir son écosystème
Depuis des années, Esri démontre avec raison l’importance de l’information géographique et l’omniprésence universelle de son usage, quel que soit le secteur d’activité. Si les géomaticiens sont depuis longtemps convaincus et utilisent déjà pour beaucoup ArcGIS et les potentiels d’ArcGIS Online, ce spectre des utilisateurs peut toujours s’élargir...

De plus, la surexposition médiatique du tableau de bord rafraichi quotidiennement par l’université John Hopkins autour de la Covid 19 a eu ces derniers mois des effets « collatéraux ». D’abord, ce Dashboard a mis un impressionnant coup de projecteur sur la géoinformation. Ensuite, malgré sa simplicité et la discrète utilisation de la cartographie, il a prouvé la capacité des serveurs d’Esri à tenir face à des montées en charge aussi inédites qu’impressionnantes : des dizaines de millions de connexions simultanées à l’échelle mondiale, durant des semaines et même des mois !

Bien sûr, il existait déjà dans le portfolio d’Esri des outils permettant aux développeurs peu coutumiers des géopratiques d’intégrer dans leurs sites web ou leurs applications des bouts de cartes, des points d’intérêts ou autres calculs d’itinéraires. Mais rien de très simple, épuré ou direct comme l’aiment ceux qui manient des lignes de codes. Avec un nouveau look et un soupçon de marketing, ArcGIS Platform s’impose donc à comme LA solution qu’il leur faut...

Les dirigeants de Salesforce et SAP en VRP de luxe

Covid-19 oblige, cette plate-forme géospatiale de type PaaS (pour «Plate-forme as a Service») a été présentée lors d’un événement virtuel international par Jack Dangermond, le patron d’Esri, et l’équipe en charge du développement d’ArcGIS Platform représentée par David Cardella et Euan Cameron (vidéo en replay ci-dessous). «Grâce à ArcGIS Platform, les utilisateurs peuvent développer leurs propres produits ou intégrer les services d'Esri dans leurs logiciels existants, est convaincu Jack Dangermond pour qui : le mode PaaS facilite l'accès des développeurs de logiciels à la technologie géospatiale».
 
Pour le confirmer, la présentation s’est appuyée sur des VRP de luxe avec Ben Brantly, le vice-président produit de Salesforce et Ifran Kahn, le président de SAP Platform & technologies ! Michael Healander, CEO d’Airspace Link (solution de gestion de drones dans le Cloud), apportait aussi son témoignage... Plus que dire du bien d’ArcGIS Platform en tant que bêta-testeurs, ils ont surtout pu démontrer comment leurs propres outils intégraient d’ores et déjà des technos et contenus “powered by Esri”...

Dans le détail, ArcGIS Platform propose un ensemble de services géospatiaux et en premier lieu les APIs cartographiques d’ArcGIS. La PaaS propose aussi des librairies cartographiques en Open-Source, un ensemble de cartes de base prêtes à l’emploi, réalisées par les équipes d’Esri, avec des fonds de plans au format vectoriel ou raster d’Esri, OSM ou Here, neutres ou enrichis avec différentes couches thématiques. Ces contenus sont personnalisables grâce à un éditeur et d’autres ressources de développement avec tutoriels et un bac à sable permettant de tester ses propres codes.

« Cerise sur le gâteau » : conscient que son API JavaScript n’est pas forcément maitrisé par tous les développeurs, Esri offre des librairies qui permettent de rester dans son environnement Leaflet, OpenLayers, Mapbx GL javascript. Autant de contenus qui peuvent aussi intéresser les utilisateurs habituels des technos Esri, si tant est qu’ils goûtent aux environnements de développement.

Avec la PaaS ArcGIS Platform, Esri veut élargir son écosystème

Reprendre du terrain sur Google Maps et Mapbox

Un autre point (et frein habituel) pour les développeurs est la notion tarifaire. D’abord, parce que chez Esri, elle s’exprime en crédits de services à consommer selon des types d’utilisateurs. Cette approche n’est pas forcément claire pour tout le monde. Ainsi, un nouveau système de tarification est proposé avec une interface (simple et en anglais seulement) :  le développeur dispose même d’une vue précise de sa consommation effective et de ce qu’il va payer à chaque fin de mois.

Mieux le tarif va aussi représenter un des plus d’ArcGIS Platform en raison de tout ce qui est proposé gratuitement avant de passer à la caisse... Par exemple, il est possible de consommer gratuitement 2 millions de tuiles de basemap (pour localiser sur une carte les différents sites ou bureaux d’une entreprise) avant d’être facturé. Il est possible de réaliser 20.000 recherches d’adresses, 20.000 calculs d’itinéraires ou bien 5.000 isochrones avant de commencer à payer quelque chose. Idem pour les données hébergées (car l’un des intérêts d’ArcGIS Platform est de stocker de manière sécurisée ses propres données sur le Cloud et d’externaliser ainsi la charge des traitements) : stockage de 100 Mo de données dynamiques offerts puis 2,4 $ les 100 Mo suivants, stockage gratuit de 5 Go de fonds de cartes vecteur ou Raster, puis 0,12$ le Go suivant... Bref, un développeur peut largement voir venir avant de sortir sa CB !

Tous ces arguments vont probablement faire mouche, notamment auprès des start-ups qui n’ont pas besoin de beaucoup de cartographie et qui, pour répondre à des besoins très basiques, se dirigent presque instinctivement vers Google Maps, dont la dimension grand public en fait un acteur bien plus connu qu’Esri. Or Google a créé une “opportunité” pour Esri en revoyant ses tarifs à la hausse, par exemple pour les géocodages. Le néoacteur Mapbox est un autre concurrent de poids. En dix ans, il a réussi à s’imposer dans la cartographie en ligne en mettant en avant son utilisation du logiciel libre et les données d’OpenStreetMap. Vu la générosité des packages et la faculté d’ArcGIS Platform à proposer de multiples bibliothèques JavaScript, Esri ne semble vraisemblement pas vouloir faire du business, mais retrouver une notoriété et une place de premier plan pour s’imposer en choix évident auprès des développeurs. 
Les visas octroyés par des poids lourds comme Salesforce et SAP qui ont besoin de border leurs propores développements en se reposant au long court sur des technologies maitrisées, donnent des raisons supplémentaires pour qu’un développeur privilégie l’utilisation d’ArcGIS Platform. 
 Aux échecs ou au billard, il faut toujours réfléchir et appréhender les coups suivants. Un jeu auquel Esri est généralement plutôt bon.

+ d'infos :
esri.com/en-us/arcgis/products/arcgis-platform


Article rédigé par Xavier Fodor - SIGMAG & SIGTV.FR