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L’archéologie moderne mise au jour


Fini le pinceau ! Vive Internet, le GPS et le SIG ! Les archéologues repositionnent leurs découvertes dans le temps et l’espace et passent à l’ère de l’archéologie moderne. Une révolution dans un monde de tradition. Par Steve Carpentier.



© Olivier Barge - MOM
© Olivier Barge - MOM
Étudier le passé avec les outils du futur : tel est aujourd'hui le quotidien des archéologues. Un grand écart temporel pour ceux qui parcourent le monde à la recherche des vestiges des civilisations perdues mais dont les outils de classification sont à la pointe de la technologie informatique. Et tous sont unanimes : si le métier d'archéologue reste in fine le même, la géomatique a révolutionné les pratiques. Il semble loin le temps où l’archéologue cartographe faisait ses petits collages sur des croquis dessinés à la main ; lesquels travaux laborieux terminaient leur vie dans les armoires poussiéreuses d'instituts universitaires obscurs.
Désormais, les archéologues démarquent leurs sites  de fouilles avec des GPS dernière génération. Ils référencent leurs informations sur des cartes numériques et partagent leurs connaissances sur des bases de données consultées par des milliers de collègues à travers le monde. Ils les mettent aussi à la disposition d’un « grand public » toujours plus friand d'histoire ancienne et qui accède de plus en plus à un niveau de connaissances autrefois réservées aux seuls érudits. Alors, difficile d'imaginer une archéologie sans systèmes d'information géomatique. Pourtant, c'est seulement au milieu des années 90 que la recherche est entrée dans une nouvelle ère grâce au déploiement fulgurant du « world wide web ». Le passage du papier au numérique s’inscrit en une petite révolution dans la tradition.

Une révolution dans le traitement des données

«La pratique inhérente de l'archéologue est de travailler avec, dans et sur le territoire, explique Laurent Costa, géomaticien à la Maison Archéologie et Ethnologie René-Ginouvès à Nanterre en région parisienne. Il continue aujourd'hui à faire de la carte, mais il a trouvé un moyen différent de repositionner les choses dans le temps et l'espace grâce aux SIG. Mais cela implique aussi un professionnalisme plus poussé car si le dessin permettait d'accepter les incertitudes, le monde informatique appelle à se prononcer beaucoup plus clairement sur les résultats. La géomatique est d'abord une révolution dans le traitement de données dorénavant difficilement gérables en dehors des outils informatiques modernes ».
Comme beaucoup, Laurent Costa a débuté sur des logiciels Adobe pour créer ses premières cartes.  Puis, comme tout ce petit monde de l'archéologie qui travaille essentiellement sur des ordinateurs Apple, il utilise un logiciel développé pour les Mac lors des premières fouilles informatisées. C’était dans un lieu prestigieux : la cour Carrée du Louvre à Paris jusqu’en 1998 et l’ouverture du musée. La cartographie sans informatique devient alors de l'histoire ancienne.
Plus surprenant et alors que l'archéologie est la discipline de l'ancien, c'est cette science qui va donner le tempo et prendre de l'avance sur d'autres disciplines comme l'histoire, l'anthropologie ou encore l'urbanisme. « L'utilisation de la géomatique en archéologie a eu énormément d'impact sur la recherche en sciences humaines, explique Paolo Gull, archéologue de formation et géomaticien chez Esri en Italie. Les outils d'analyse par rapport à l'étude spatiale sont devenus communs à d'autres matières. Actuellement, il est impossible de penser l'archéologie sans la géomatique, car elle permet en plus de faciliter le travail des chercheurs de démocratiser le résultat de leurs recherches». 



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dans SIGMAG de juin 2014
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Article rédigé par Xavier Fodor - SIGMAG & SIGTV.FR