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Le BRGM enquête à Mayotte




Le BRGM enquête à Mayotte
Le 15 mai à 18h48 s’est produit la plus forte secousse jamais enregistrée dans la zone des Comores. D’ailleurs, entre mai 2018 et février 2019, plus de 1600 séismes de magnitude supérieure à 3,5 ont été enregistrés à l’Est de l’ile de Mayotte.

Le BRGM enquête à Mayotte
Ce phénomène est d’autant plus étonnant que l’ile n’était jusqu'alors pas considérée comme une zone volcaniquement ou sismiquement active. Par ailleurs, les stations GPS placées sur Mayotte ont enregistré un déplacement de 17 à 20 cm vers l’Est et un affaissement de 8 à 15 cm. 
Ces observations ont conduit à l’organisation de missions scientifiques, auxquelles ont collaboré plusieurs organismes de recherche français (Ifremer, BRGM, IPGP...) a mené une campagne océanographique ayant conduit à la découverte, en mai 2019, d’un important édifice volcanique sous-marin en formation à 50 kilomètres des côtes mahoraise (ci contre).

Afin de mieux comprendre le phénomène, le BRGM va entreprendre pendant plusieurs semaines une campagne de tomographie sismique sur la base d’une série de tirs maitrisés de charges explosives enfouies dans le sol, sur une ligne Est-Ouest traversant l’île de Mayotte. Le long de ce profil, 80 géophones seront installés afin de déterminer la vitesse des ondes et leur distribution dans les premiers kilomètres du sous-sol. Dix séismographes de fond placés au large des côtes compléteront le dispositif.

Une campagne de mesures inédites

Intitulée REFMAORE, cette campagne scientifique de grande échelle s’inscrit dans le cadre des actions des pouvoirs publics pour comprendre la sismicité de Mayotte. Les résultats seront mis à dispositions du Réseau de Surveillance Volcanologique et Sismologique en charge de la surveillance du phénomène. Cette étude de sismique-réfraction va permettre d’imager précisément les vitesses de propagation des ondes dans le sol, d’en estimer la variation, et ainsi améliorer la connaissance du sous-sol sous l’ile et en mer. Ces données permettront de calibrer les modèles qui permettent de détecter et localiser les séismes à partir de mesures venant des stations à terre, et de suivre l’évolution du phénomène avec une plus grande précision.

Le BRGM enquête à Mayotte
Le BRGM profite aussi de l’occasion pour entreprendre en parrallèle des mesures très fines du champ magnétique terrestre naturel à la surface du sol par la pose d’une quinzaine de stations de mesures. Ces stations permettront de modéliser les légères différences du champ magnétique afin d’imager les différentes entités qu’il traverse à des profondeurs de 50 à 100 kilomètres.

Des mesures similaires ont déjà été réalisées à Petite-Terre en 2019. Elles ont permis de déceler la présence de corps géologiques conducteurs à de grandes profondeurs. Des mesures en mer sont également en cours. En amplifiant le dispositif (baptisé MAY-MT), le BRGM cherche à savoir si de telles formations existent également sous l’île et se prolongent jusqu’au volcan sous-marin détecté l’an passé à 50 kilomètres des côtes. Cette campagne MAY-MT devrait s'achever le 17 avril 2020. Les mesures permettront d’avoir une connaissance plus complète de l’ensemble du système géologique à l’origine des séismes. 

+ d'infos :
brgm.fr
Dispositif REFMAORE