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Le coronavirus Covid-19 entraine-t-il une baisse de la pollution atmosphérique ?




Le coronavirus Covid-19 entraine-t-il une baisse de la pollution atmosphérique ?
C’est un effet domino presque logique de la propagation du virus Covid 19. La mise en quarantaine de millions de personnes à travers le monde a un impact sur l’activité quotidienne de ces millions de personnes. Elles ne sortent plus de chez eux, n’utilisent plus leurs voitures ou les transports en commun. Elles ne vont pas non plus travailler et une usine sans ouvriers n’a pas d’autres solutions que de fermer. Au bout de quelques semaines, c’est toute la chaine d’approvisionnement qui se grippe à l’échelle mondiale, faute de pièces et de matières premières. Enfin, le principe de précaution se généralisant, même ceux qui restent libres de leurs mouvements finissent aussi par réduire leurs déplacements et leurs activités. Aux conséquences économiques, financières et sociales, différents observateurs soulignent la baisse de la pollution atmosphérique, notamment dans la région manufacturière de Wuhan, épicentre de l’épidémie du coronavirus Covid-19.

Le coronavirus Covid-19 entraine-t-il une baisse de la pollution atmosphérique ?
Pour appuyer cette thèse une première image comparative a circulé pendant plusieurs jours sur les réseaux sociaux (ci-contre). Elle est basée sur deux captures d’écran réalisées à quelques jours d’écarts sur le site AirVisuel Earth.

Mais l’évolution de la qualité de l’air a mis en doute cette théorie. Le quotidien hongkongais South China Morning Post a ainsi rappelé que même si les émissions dues aux automobiles ont bien considérablement baissées, celles des centrales à charbon toujours en activité suffisent pour plonger la Chine dans de nouvelles périodes de pollution grave. D’ailleurs, les mauvais indices de qualité de l’air (et la prévision hebdomadaire) relevés début mars sur ce même site AirVisuel Earth ont tendance à appuyer qu’il s’agissait d’une fake news.

La Nasa observe une baisse prolongée de NO2

Enfin, pas tout à fait... Des scientifiques de la Nasa viennent d’établir un constat allant dans le même sens ! Les cartes qu’ils ont réalisées à partir des données fournies par les satellites de la Nasa et du programme Coperincus Sentinel de l’Agence spatiale européenne montrent une diminution, voire une quasi-disparition, des concentrations de dioxyde d’azote (NO2) au-dessus de la Chine entre la fin janvier et la fin février, c’est-à-dire depuis le début de la quarantaine imposée par les autorités chinoises. 
 
« C’est la première fois que je constate une baisse aussi spectaculaire sur une zone aussi vaste pour un événement spécifique » a déclaré Fei Lui, chercheur sur la qualité de l’air au Goddard Space Flight Center de la Nasa. Elle se souvient avoir déjà vu des baisses du NO2, notamment pendant les Jeux olympiques de Pékin en 2008, mais l’effet était localisé autour de la ville hôte et les niveaux ont vite augmenté dès la quinzaine sportive terminée.
Le coronavirus Covid-19 entraine-t-il une baisse de la pollution atmosphérique ?

La consommation énergétique des industriels chinois reste faible

Travaillant aussi à la Nasa, Barry Lefer nuance légèrement ce constat : « un ralentissement se constate toujours lors de la période du Nouvel An chinois, correspondant à la fermeture de nombreuses entreprises et usines pour les fêtes ». 
 
De fait, si l’on se réfère au comparatif de la consommation énergétique quotidienne des principales compagnies chinoises, l’impact des fêtes se constate immédiatement, y compris en 2020 (courbe en rouge sur l'illustration ci-contre). Cependant, ce qui est nouveau, et qui expliquerait la baisse de pollution atmosphérique, c’est que le niveau de consommation énergétique des industriels reste bas une fois le Nouvel An chinois passé.

L'Europe va-t-elle aussi connaitre une «respiration» ?

Pour l’heure, les efforts des états portent sur la résolution de la crise sanitaire afin d’enrayer au plus vite la propagation du coronavirus. Cette respiration risque probablement de n’être que temporaire, car les intérêts économiques vont vite reprendre le dessus. Mais c’est désormais au tour d’autres pays industrialisés en Asie et maintenant en Europe d’être concernés. Ainsi, la baisse de la pollution atmosphérique va peut-être aussi se constater ailleurs qu’en Chine ?
 
Enfin, l’enrayement de la chaine d’approvisionnement mondiale suscite une nouvelle fois une prise de conscience pour un circuit de fabrication plus court et de proximité. À terme, la réduction de la pollution atmosphérique mondiale passera peut-être par moins de transport et une meilleure répartition des foyers de pollution avec des normes plus strictes.
X.F.

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