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Les villes carburent aux données intelligentes


Fournisseur de données de références, le SIG s'impose en élément indispensable dans une Smart City. Il doit ensuite récupérer les informations des capteurs et en tirer bénéfice pour être au cœur de cette dynamique. Par Fanny Perrin d'Arloz et Xavier Fodor.



© Jacques Leone
© Jacques Leone
Mieux vivre ensemble, préserver les ressources, favoriser l’innovation, créer des emplois et optimiser la gestion des services urbains... Voilà, les enjeux de la ville intelligente. Ils sont donc multiples et caractérisent cette ville moderne, capable de mettre en œuvre des infrastructures communicantes et durables pour améliorer le confort des citoyens, être plus efficace, tout en se développant dans le respect de l’environnement. Quant au territoire, borné par l’appellation « ville », il s’est considérablement élargi, dopé par la politique actuelle de développement communal plutôt dimensionnée à l’échelle d’une métropole.

Car, lorsque l’on évoque la Smart City, il s’agit forcément de politique. «Tout ce qui relève actuellement de la ville intelligente existe au final depuis de nombreuses années, depuis l’existence même du numérique, souligne David Jonglez, Directeur business development chez Esri France, dont nombre de clients s’engagent sur la route des Smart Cities. Ce qui change, c’est cette prise de conscience politique de la thématique. Et il n’y a pas de vision de la ville intelligente sans une politique territoriale et sans un sponsoring politique. Le numérique ne devient donc qu’un moyen au service d’une gradation dans la ville intelligente et dans les services qui sont rendus. Il nous faut donc être dans cette dynamique de progrès, dans cette conduite de projets à long terme pour rejoindre cette vision politique initiale».

D’autant que les enjeux en question s’inscrivent comme un axe de développement majeur pour des industriels, des bureaux d’études, des constructeurs et fournisseurs de solutions et de services. Jugez plutôt: selon Pike Researche, le marché déjà colossal des villes intelligentes pourrait passer de 6 milliards de dollars à 20 milliards au niveau mondial en 2020 ! Des montants, donc des investissements vertigineux, qui peuvent faire rapidement blêmir tout élu si on ne lui fait pas vite reprendre des couleurs en lui indiquant les économies escomptées en retour d’investissement.

Selon cette autre étude de Cisco, la France est le pays européen qui semble avoir le plus à gagner en matière de Smart Cities puisque le bénéfice total pourrait atteindre 132 milliards de dollars (contre 128 milliards pour l’Allemagne et 125 pour la Grande-Bretagne). Il faut là encore raison garder : ce bénéfice ne s’appuie pas sur les seules économies réalisées par une meilleure gestion, mais sur les nouveaux revenus générés notamment par l’attractivité économique d’une Smart City et mieux encore par sa rayonnance.

Souhaitez-vous visiter une ville qui se meurt ou bien une ville intelligente qui brille par sa qualité de vie, son environnement, son dynamisme, sa modernité? Pensez que le quartier de Lyon Confluence est considéré comme «Le» modèle Européen en terme de gestion intelligente de l’énergie et l’optimisation des déplacements des habitants et qu’actuellement des cars pleins de Japonais s’y arrêtent pour le visiter, comme le Mont Saint-Michel ! 

Par ailleurs, signalons que s’ils partent d’une décision d’édiles encore maîtres de ce qui se passent sur leurs territoires, les investissements initiaux sont souvent le fait d’engagement d’acteurs privés (notamment s’agissant de prototypes ou de démonstrateurs sur une échelle plus ou moins réduite), puis de partenariats public/privé et qu’enfin ils bénéficient pour la plupart de divers plans de financements de développement économiques nationaux ou européens, comme l’EIP SCC que vient de rejoindre Esri. Voire de plus loin: s’il y a des japonais sur Lyon, c’est peut-être aussi parce que le pilote du projet est Toshiba et que son financement provient en grande partie du Nedo, le ministère du développement énergétique et industriel du Japon... 

Quant au « gâteau » des Smart-Cities -qui n’en reste pas moins une formidable opportunité-, il doit souvent être partagé entre des acteurs qui cohabitent de manière étroite pour développer des offres communes et/ou imbriquées, une conséquence inattendue des Smart Cities. Parfois, cela se réalise au cas par cas, mais le plus souvent dans des consortiums ou des clusters. Par exemple, le projet IssyGrid réunit dans ce quartier intelligent d’Issy-les-Moulineaux Microsoft, Bouygues Télécoms, Bouygues Immobilier, EdRf, Schneider Electric, Steria, Total et Alstom. Des sociétés qui jusqu’ici n’avaient rien à voir ou presque ensemble et qui s’entendent. Malin, le projet d’Issy-les- Moulineaux s’intéresse en premier lieu aux sièges ou aux bureaux de ces sociétés voisinnes.

Ensuite? «L’erreur à ne pas commettre, c’est d’imaginer que l’on crée une petite réserve d’indiens qui vit en autarcie. Cela n’existe pas dans la ville de demain ! confie Eric Mazoyer, Directeur Général délégué de Bouygues Immobilier. Nos quartiers vont fonctionner en plug and play. C’est à dire que l’on va concevoir des quartiers performants, des éco-quartiers pilotés et, petit à petit, l’environnement tout autour va se connecter et enrichir le Grid, participer au service, développer la zone de chalandise donc la géoanalyse et le géodécisionnel sont extrêmement importants». 

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Article rédigé par Xavier Fodor - SIGMAG & SIGTV.FR