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Christophe Tourret : «La continuité dans la transition»




Christophe Tourret : «La continuité dans la transition»
Entretien avec Christophe Tourret, nommé directeur général d'Esri France début 2020 (propos recueillis avant la crise Covid-19).

Comment appréhendez-vous votre nomination ? 
 
Avec beaucoup d’émotion et de respect à la fois pour l’entreprise et ses collaborateurs et pour tous les clients d’Esri France. Je suis rentré chez Esri France, aux débuts de l’entreprise il y a plus de trente ans, auprès de Rony Gal que je considère comme mon mentor. J’ai donc vu l’évolution d’Esri France en tant qu’entreprise, désormais de 220 personnes, en tant que développeur et innovateur au service des succès d’une communauté dynamique de clients fidèles.
Depuis trente ans, le marché et l’offre technologique évoluent à un rythme qui va de plus en plus vite. Mon souhait est d’accompagner et de réussir cette évolution vers des usages de plus en plus présents et développés de la géo dans des métiers de plus en plus divers. Les challenges d’Esri France ne sont pas liés à une personne, mais ils consistent à faire profiter tous nos clients de l’avancée technologique portant sur des outils et des contenus.
Ainsi, je me positionne dans une optique de continuité dans la transition. 
 
Comment vont évoluer vos services aux clients ? 
 
Certains voient Esri France comme une antenne commerciale d’Esri en France. De fait, notre mission est bien de fournir à nos clients des solutions complètes et efficaces qui valorisent la géo dans leurs activités. En cela les outils Esri et le contexte d’usage de ces technologies sont une chose importante. Pour autant, nos clients attendent de nous de l’expertise, du conseil, un écosystème riche de partenaires, des contenus et une animation communautaire fructueuse. C’est pourquoi Esri France propose depuis toujours des services qui accompagnent nos utilisateurs dans leurs propres succès. Aujourd’hui, la moitié de nos équipes est tournée vers eux à travers le support, la formation, les programmes Avantages360 et arcOpole.
Nous avons aussi une forte activité Contenus et Données depuis 1996. Nous allons tout faire pour poursuivre l’émergence de la maturité d’usages au sein d’une communauté en permettant à nos clients de continuer à se rencontrer et échanger. Nos utilisateurs peuvent s’attendre à de plus en plus d’accompagnement et d’offres connexes aux technologies Esri pour en tirer le meilleur profit.

L’écosystème d’Esri évolue constamment, par exemple le rapprochement avec 1Spatial, également avec le travail mené avec des éditeurs comme Autodesk ou Salesforce. Est-ce une obligation et quel est le bénéfice pour vous et surtout pour les utilisateurs ? 
 

L’écosystème fait partie de la proposition de valeur d’Esri. Aujourd’hui, vous ne pouvez pas vivre seul et isolé. Vous ne pouvez pas non plus tout connaitre et vous avez besoin de nouer des partenariats pour étendre votre portée en termes de domaines et secteurs d’activités. C’est possible avec des partenaires capables de développer la capacité de nos utilisateurs. Je distingue cependant d’un côté la vulgarisation de la géo dans des métiers qui nécessitent des compétences dans ce domaine. C’est le sens du développement d’un écosystème riche de partenaires tels que 1Spatial.
Ensuite, il y a cette capacité de valoriser la géo plus loin que dans le SIG. Pour cela, il faut intégrer la géo dans des systèmes tiers. Le partenariat stratégique avec Autodesk (NDLR. Photo des deux dirigeants d'Esri et Autodesk  lors de l'annonce du partenariat) s’inscrit dans cette logique qui consiste à faire sauter des verrous de process produit persistants sur un marché, aux bénéfices des utilisateurs communs et respectifs. Vous évoquez le partenariat majeur avec Salesforce, mais vous pourriez aussi parler de celui avec Microsoft autour de Power BI. Tous ces partenariats d’intégration technologique sont cruciaux pour permettre la généralisation de l’usage de la géo dans les organisations. Et c’est prépondérant pour une équipe SIG d’amener le fruit de son travail dans un environnement tiers comme la CAO ou le décisionnel. 
 
On oppose les méchants éditeurs au monde idéal du logiciel libre. Trouvez-vous cette confrontation justifiée ?
 

La question est très manichéenne, alors que les éditeurs ne sont pas méchants ou gentils. Esri s’est développé globalement, et depuis trente ans en France, en satisfaisant une communauté d’utilisateurs toujours plus large grâce à des technologies innovantes, fruits d’un investissement important et renouvelé. C’est le modèle d’Esri et, même si la loi du marché peut créer une opposition, il ne faut pas l’opposer à un autre modèle comme celui du logiciel libre.
Si l’on prend du recul, les personnes cherchent une offre qui valorise la géo dans leurs métiers. Fondamentalement, elles ne s’arrêtent pas sur un modèle commercial, de propriété intellectuelle ou même un modèle philosophique porté par un éditeur. Elles veulent satisfaire leurs besoins à travers des technologies, des conseils, des services et à travers des interlocuteurs qui les comprennent et qui les servent dans une optique de qualité.
Esri ne se confronte pas au modèle Open source. D’ailleurs, Esri contribue à la fois en finançant certains projets Open source entrant dans le domaine de la géomatique et contribue en ouvrant les sources de certaines de ses technologies. D’autre part, Esri intègre dans ses produits, depuis très longtemps et de plus en plus souvent, des composants Open source qui apportent de la valeur à nos produits et donc à nos clients.

Quel prochain développement va particulièrement intéresser les utilisateurs de la plate-forme ArcGIS ? 

Il y en aurait plusieurs, mais je cite en premier la disponibilité de nos outils en mode SaaS. En 2019, l’usage d’ArcGIS Online en France a augmenté de plus de 50%. En même temps, l’usage de ressources SaaS dans les environnements bureautiques, c’est-à-dire ArcGIS Pro, a doublé chez nos utilisateurs. Pour faire simple, le mode SaaS, c’est- à-dire la consommation de services en ligne basés sur la plate-forme ArcGIS Online d’Esri, s’installe et se développe. Il est de plus en plus accepté, voire requis par le marché.
Esri investit énormément dans les déclinaisons SaaS de ses technologies. Jusqu’à maintenant, de nombreux outils manquaient de disponibilité sur des infrastructures internes, complexes et chères à gérer. Ils sont ou vont devenir disponibles en mode SaaS. Je peux citer l’intégration de flux de données de capteurs IoT en temps réel qui arrivent sur ArcGIS Online en ce début 2020. Je peux aussi évoquer la capacité de stockage et d’analyses d’images en mode SaaS ou bien encore la disponibilité d’un environnement de géotraitement et de Data sciences ArcGIS basé sur les Notebooks Python sur ArcGIS Online (NDLR. photo).
Le SaaS me semble important parce qu’il permet de ne plus se préoccuper de la gestion de l’infrastructure de plus en plus complexe, de plus en plus risquée en termes de sécurité et de conformité. Il permet de se concentrer sur les vrais besoins qui sont comment valoriser la géo dans nos métiers et atteindre un maximum d’utilisateur dans son organisation en simplifiant l’accès au SIG à tous les niveaux et pour tous les usages. 

Propos recueillis par Xavier Fodor.

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esrifrance.fr